lundi 19 décembre 2011

Last Workshop (part One) : No Progress in Pleasure.


2011 comme un orgue Hammond, une polyphonie à 6 voix, des mallets mécaniques, ainsi le baroque qu'on dépouilla ; un maniérisme serpentin, plus encore l'obscurité du Caravage, qui maintenant glisse sur les friches des viaducs ; tout alors écrit la méthode d'une chimie organique, les synthèses les plus intuitives.


2011, à tout le moins un substrat magnifique : des réussites architecturales, des réminiscences de Bauhaus ; plus encore une maïeutique de la matière, qui foisonne d'un creuset fertile, çà et là des membres frondeurs, des vents qui montent, des pluies qui vicient les textures chromatiques.





2011, donc.

Quelques morceaux comme des citations.

Morphosis - Too Far / On the rack, tout au mouvement des primes idées, viscéral pour un classique. Il procède ici d'une épopée, ou d'une renaissance de la tragédie, c'est-à-dire qu'un héros, la trompette désincarnée, souffle si fort qu'exsangue, elle meurt de s'être voulue puissante par delà son unique souffle. De l'agonie d'un signal entre les balises stables - la grosse caisse, sa soeur claire.

Martyn - We are You in the Future / Manifeste rétro-futuriste qui renvoie le mieux à Sun Ra & his Orkestra : le fatso des 808's, le grain tubulaire des synthés économiques, ensemble une symphonie modeste, le retour de Casio, et ce message rétro-actif, 'oui, ce sera bien après, mais c'était bien avant, et je n'ai pas d'arguments pour déséquilibrer l'impossible rapport du mieux-avant, du nul-présent et du dingue-après.' Voici l'intemporel, presque donc.

Alva Noto - Uni Rec / Ici, les coups de boutoir s'échappent à l'horizon; ici, l'horizon est tangible : une phase claire et distincte, qui par une manière de science offre à chaque signal traité, d'oscillateurs en tubes, de procès en altérations, un espace de vie, comme un microcosme utopique. L'harmonie prudente. Carsten Nicolai offre l'outil épistémologique d'un paradigme bruitiste. Oui, c'est aussi de la musique. Les concepts ne s'excluent pas.





Byetone - Opal / Rigorisme minimaliste et implacable. Un bas du spectre qui ne s'encombre de rien sauf d'un signal pur, à la physique féroce, ce genre qui sature la surface du corps, le compresse et renvoie l'humain vers la grégarité, le troupeau comme un tout vorace, mille bouches laides à trop béer. (Il faudrait ici reparler de l'arraisonnement par le progrès technique selon Martin Heidegger).

Senking - Hairline 23C / Encore Raster-Noton, encore les limites de la pression des ondes dans l'air. Senking articule ici une suite d'instantanés qui fixent des atomes aléatoires dans leur mouvement brownien ; en résulte aux tympans des chocs divers. On parlera de séismes, de chutes d'os, des cris de la turbine ou du métal qui se froisse dans un rythme que l'on impose. Tout ce qui se passe ici renvoie plus ou moins à la volonté de puissance.

Planetary Assault System - Rip the Cut / La synthèse sonore comme abolition des transitoires. Luke Slater se pose ici en prophète de la fonte ; chaque élément, s'il est pris exclusivement, devient la raison d'une lacune. Dit autrement, l'articulation est diabolique, car elle s'atrophie si simplement elle se déleste d'un élément de bruit. Une techno synergique : le tout qui gronde sublime chaque élément de cette fragile structure.





Newworldaquarium - Liberty Hot / Orgiaque, vraiment. Tous les critères de la house-music.


Flac, flac, flac, flac !

NO PROGRESS IN PLEASURE - Part One.

samedi 2 juillet 2011

La tristesse de la ganache bègue.



Je n'arrive pas à imiter l'écriture des gros bègues diarrhéiques. Je ne dessine pas les courbes d'un crottin verbal qu'irrigue le fécalum des salives.




Donc : buik'k...l : argo, ar, hoho.


Et oui du twichte, du triwte, du treste, du tquwisik, du trisse :


Les Chansons de la Tristesse d'un Bègue Allemand qui Aime la Vie.

vendredi 6 mai 2011

Motherfuckin' Tracklist 4 my Fuckin' Kunts.



Depuis deux semaines, mes bras mobiles réclament des caisses en bois clair, portées par les Moogs les plus cheapounets. Alors je déhanche. Je me brise la nuque. Maintenant une petite diva de la soul me réconforte. Ce n'est jamais Beyonce, je ne lui en veux pas pour autant. Elle est brave, avec un joli buste. Des voix de tête et je pleure pour de faux, parce que tout est mimé, dix minutes, du floor au plafond.





Ce que je préfère : les circonvolutions. Le galérage autour d'un seul beat, toujours le même au diapason, boum, tschak, stop ça suffit, c'est exactement ça qu'il faut. Quatre mesures, quatre notes pour la basse, une 303, classique par évidence.





Une cassure. Une béance, comme la plus profonde des respirations, celle d'une baleine souple (une comparaison douteuse, mais la House Music est deep quand elle souffle de Chicago).





Alors il faut une Motherfuckin' Tracklist qui remercie mes labels phares : Rush Hour, Wolf+Lamb, Crosstown Rebels. Hype now ?
Oui mais j'écouterai demain. Et puis Rick Poppa Howard, c'est le papa de Tevo, il doit être vieux, peut-être a-t-il connu ce raciste d'Henry Ford ? Chicago in Fever. Forever.





Et les fantômes de Sun Ra, Georges Clinton et Walter Gibbons ?


Moi j'aime les bannières de Kenny Dixon Jr.! Je veux bien m'immoler s'il gratte ce groove.


Les barbarismes : une seule fois, promis.


*Aquarius Heaven , Universe*
*Art Department , Vampire Nightclub*
*Black Van , Moments of Excellence*
*Bruno Pronsato , At Home i'm a Tourist*
*Cajmere & Dajae , Brighter Days (Dj Sneak Mix)*
*Greg Paulus , Daisy Duke*
*Martin Buttrich , Full Clip*
*The Oliverwho Factory , Galactic Transit*
*Rick Poppa Howard , Do What You Have to Do*
*Robert Owens , I'll Be Your Friend (Soul Clap & Gadi M. Remix)*
*Tom Trago , Steppin' Out (feat. Romanthony)*
*Virgo Four , Silence*



Mothafuckin' Tracklist 4 my Fuckin' Kunts.

samedi 23 avril 2011

USSR Football Team 86



L’invention de la poudre, le perfectionnement incessant des armes à feu montrent à l’envi que les progrès de la civilisation n’entravent ni n’abolissent en rien la tendance inhérente à la guerre, qui est d’anéantir l’adversaire. (V.C.)


Kidiathulin, Dasev, Aleinikov. Trois machines parmi les robots. L'impact métallique des chocs cuisse-à-cuisse.





Le travail de sape par le geste qui se répète. Un intervalle libère une banderille au millimètre. Une ouverture et le pied ferré de Rats atomise le ballon vers la lunette du but, le perce presque.





Un jeu d'échecs, les pions carrées se déplacent selon des axes simples, la ligne horizontale pour un jeu court, des cloches jusqu'à l'hypnose, une fuite en avant qui résonne, le bruit étrange de la machine qui ralentit.





Et puis derrière la misère. Le régime s'effondre et tous les guerriers russes, vers l'ouest, perdront la discipline de tacles et de frappes. Fin des corps de chasse.


Forward Strategy Group. Ou comment j'ai pu croire que l'équipe d'URSS préparait la Coupe du Monde en écoutant la Techno Music. La proto-Techno.

La légende :

BJ. Nilsen : Gradient.
Brendon Moeller : Close Up.
Claudio Fabrianesi & Donato Dozzy : Infecta Atmosphere.
Frank Bretschneider : Subharcorded Waves.
Zak Khutoretsky : Polyphonic Love.
Lawrence : Falling Down a Dam of Mashed Potatoes.
SCB : Loss.
Monoloake : Internal Clock.
Phonophani : Nold.
Forward Strategy Group : Token Ring.


Lien-Rotor :


USSR Football Team 86.

lundi 18 avril 2011

In a Kind of Blue Moüd.



Ce qui est marrant dans une réunion de musique, c'est d'inventer la cohérence. La cohérence de la liste. Ce matin j'ai parcouru le monde des bruits et par intuition j'ai fait copuler, comme ça, avec l'idée que tout tenait, à un fil, mais presque pour rien. Un truc infime.







Ce truc infime n'avait qu'à voir avec la musique. Il était un bout de ce qu'est la musique. Plus et moins que sa continuité, un presque de celui-ci, une queue de celui-là. Un truc que seule l'intuition séduira.







Donc que dire sinon que de toute façon cette sélection est très aléatoire et qu'elle n'apprend rien d'une quelconque histoire de la musique ? Une histoire de la musique serait une histoire de jeunes et de vieux bâtards. Elle serait trop complexe à écrire et chiante à lire.







Elle passerait de l'intérieur à l'extérieur des choses et tisserait leur peau. Une mue.

Le hasard non :

1; Duke Ellington, In a Sentimental Mood.
2; Madlib, Friend (Foes).
3; Broken Bells, Meyrin Fields.
4; Emika, Count Backwards.
5 Flying Lotus, Gng Bng.
6; Dbridge, Wonder Where.
7; G-Side, Youth of the Ghetto.
8; Mount Kimbie, Before i Move Off.
9; Nas, Life's a Bitch.
10; Shackleton, Deadman (King Midas Sound Dub).

Oh le lien là :



lundi 28 mars 2011

About mï Destroyer.


Je suis toujours le presque-rien qui attend l'unique. L'unique détruira.

Des problèmes à temporiser vers ce présent dernier, celui qui ne bascule plus. Pareil dans la musique ce doute à la fin du morceau, cette incompréhension face à la dernière note d'un mouvement qui chef nous dirigeait, qui meurt abrupt.

D'ici je préfère le morceau qui démarre, comme s'il contenait le vibrato bandant. Fini, je le connais. Il s'est toujours trop vite embrasé. Un feu ne laisse rien, les cendres éparses volent.






La musique n'est qu'un presque-tout, si tout, elle continuerait dans le temps. La fin du monde n'est pas la fin du temps.

Et puis la durée qui réconcilie. L'angoisse exempte. Ce qui nargue, c'est l'attente d'une fin, celle d'avant l'autre début ou peut-être rien, sait-on jamais.






Le moi-propre avec. Qui certifie que cette émotion est la nôtre seule, qui fait d'une broutille l'évènement. L'écoute parfois porte au centre du monde sans que cela nous soit étrange.

Comment, alors qu'adventice, la musique réconcilie l'immanence et la transcendance ?

N'importe comment, je crois.



1 - Cheveu, No Birds.
2 - La Düsseldorf, Rheinita.
3 - Burial, Stolen Dog.
4 - Deakin, Country Report.
5 - Eleh, Measuring the Immeasurable.
6 - King Creosote & Jon Hopkins, Running on Fumes.
7 - Nico Muhly, Music Uneder Pressure 3 -Ensemble.
8 - Ladytron, Destroy Everything You Touch.



Un lien sans détruire :



mercredi 23 mars 2011

[LAST IV]



Une dernière marque.

Si d'usures je m'assieds, la zone parcourue noircie, je m'écarte. Agir, le reste.


Manivelle/Manivelle.

Si un pote me demande, un corps mort, je dirai que c'est comme la télévision en noir et blanc : toujours moins beau qu'en couleur, juste un mort lourd comme vivant et je ne sais donc pas pourquoi Maman m'interdit d'assister aux enterrements.



Manivelle.

Je me dis que si les communistes nous envahissent, je dois vite partir. Je ne veux pas croupir ici toute la vie alors qu'en France, il y a Paris. Paris : mille paysages de femmes nues, deux milles usines de culottes, dix milles histoires bien trop baroques, des boutiques de violoncelles, de tout. Là-bas brillent des couleurs crayon-pastel, les tons neufs, mon vert, marron, du ciel bleu plutôt que gris, ce gris ciel au-dessus d'un grand ennui.




Quand c'est midi qui sonne, on se traine au bercail, Maman sert la soupe. À pied les sept en chansons trottent mes sentiers battues, la trace des tracteurs ou l'antique talus, je sais qu'au loin, par le clac de mes bottes, saillit la maison, chez moi avec les miens. J'y suis bien.

L'ensemble ici formera un cercle avec invisible une faille, celle-là monochrome, pourquoi ? Bientôt un retour en larsen éthéré.

Et puis : LAST/