2011 comme un orgue Hammond, une polyphonie à 6 voix, des mallets mécaniques, ainsi le baroque qu'on dépouilla ; un maniérisme serpentin, plus encore l'obscurité du Caravage, qui maintenant glisse sur les friches des viaducs ; tout alors écrit la méthode d'une chimie organique, les synthèses les plus intuitives.
2011, à tout le moins un substrat magnifique : des réussites architecturales, des réminiscences de Bauhaus ; plus encore une maïeutique de la matière, qui foisonne d'un creuset fertile, çà et là des membres frondeurs, des vents qui montent, des pluies qui vicient les textures chromatiques.

2011, donc.
Quelques morceaux comme des citations.
Morphosis - Too Far / On the rack, tout au mouvement des primes idées, viscéral pour un classique. Il procède ici d'une épopée, ou d'une renaissance de la tragédie, c'est-à-dire qu'un héros, la trompette désincarnée, souffle si fort qu'exsangue, elle meurt de s'être voulue puissante par delà son unique souffle. De l'agonie d'un signal entre les balises stables - la grosse caisse, sa soeur claire.
Martyn - We are You in the Future / Manifeste rétro-futuriste qui renvoie le mieux à Sun Ra & his Orkestra : le fatso des 808's, le grain tubulaire des synthés économiques, ensemble une symphonie modeste, le retour de Casio, et ce message rétro-actif, 'oui, ce sera bien après, mais c'était bien avant, et je n'ai pas d'arguments pour déséquilibrer l'impossible rapport du mieux-avant, du nul-présent et du dingue-après.' Voici l'intemporel, presque donc.
Alva Noto - Uni Rec / Ici, les coups de boutoir s'échappent à l'horizon; ici, l'horizon est tangible : une phase claire et distincte, qui par une manière de science offre à chaque signal traité, d'oscillateurs en tubes, de procès en altérations, un espace de vie, comme un microcosme utopique. L'harmonie prudente. Carsten Nicolai offre l'outil épistémologique d'un paradigme bruitiste. Oui, c'est aussi de la musique. Les concepts ne s'excluent pas.

Byetone - Opal / Rigorisme minimaliste et implacable. Un bas du spectre qui ne s'encombre de rien sauf d'un signal pur, à la physique féroce, ce genre qui sature la surface du corps, le compresse et renvoie l'humain vers la grégarité, le troupeau comme un tout vorace, mille bouches laides à trop béer. (Il faudrait ici reparler de l'arraisonnement par le progrès technique selon Martin Heidegger).
Senking - Hairline 23C / Encore Raster-Noton, encore les limites de la pression des ondes dans l'air. Senking articule ici une suite d'instantanés qui fixent des atomes aléatoires dans leur mouvement brownien ; en résulte aux tympans des chocs divers. On parlera de séismes, de chutes d'os, des cris de la turbine ou du métal qui se froisse dans un rythme que l'on impose. Tout ce qui se passe ici renvoie plus ou moins à la volonté de puissance.
Planetary Assault System - Rip the Cut / La synthèse sonore comme abolition des transitoires. Luke Slater se pose ici en prophète de la fonte ; chaque élément, s'il est pris exclusivement, devient la raison d'une lacune. Dit autrement, l'articulation est diabolique, car elle s'atrophie si simplement elle se déleste d'un élément de bruit. Une techno synergique : le tout qui gronde sublime chaque élément de cette fragile structure.

Newworldaquarium - Liberty Hot / Orgiaque, vraiment. Tous les critères de la house-music.
Flac, flac, flac, flac !
NO PROGRESS IN PLEASURE - Part One.
2011, à tout le moins un substrat magnifique : des réussites architecturales, des réminiscences de Bauhaus ; plus encore une maïeutique de la matière, qui foisonne d'un creuset fertile, çà et là des membres frondeurs, des vents qui montent, des pluies qui vicient les textures chromatiques.

2011, donc.
Quelques morceaux comme des citations.
Morphosis - Too Far / On the rack, tout au mouvement des primes idées, viscéral pour un classique. Il procède ici d'une épopée, ou d'une renaissance de la tragédie, c'est-à-dire qu'un héros, la trompette désincarnée, souffle si fort qu'exsangue, elle meurt de s'être voulue puissante par delà son unique souffle. De l'agonie d'un signal entre les balises stables - la grosse caisse, sa soeur claire.
Martyn - We are You in the Future / Manifeste rétro-futuriste qui renvoie le mieux à Sun Ra & his Orkestra : le fatso des 808's, le grain tubulaire des synthés économiques, ensemble une symphonie modeste, le retour de Casio, et ce message rétro-actif, 'oui, ce sera bien après, mais c'était bien avant, et je n'ai pas d'arguments pour déséquilibrer l'impossible rapport du mieux-avant, du nul-présent et du dingue-après.' Voici l'intemporel, presque donc.
Alva Noto - Uni Rec / Ici, les coups de boutoir s'échappent à l'horizon; ici, l'horizon est tangible : une phase claire et distincte, qui par une manière de science offre à chaque signal traité, d'oscillateurs en tubes, de procès en altérations, un espace de vie, comme un microcosme utopique. L'harmonie prudente. Carsten Nicolai offre l'outil épistémologique d'un paradigme bruitiste. Oui, c'est aussi de la musique. Les concepts ne s'excluent pas.

Byetone - Opal / Rigorisme minimaliste et implacable. Un bas du spectre qui ne s'encombre de rien sauf d'un signal pur, à la physique féroce, ce genre qui sature la surface du corps, le compresse et renvoie l'humain vers la grégarité, le troupeau comme un tout vorace, mille bouches laides à trop béer. (Il faudrait ici reparler de l'arraisonnement par le progrès technique selon Martin Heidegger).
Senking - Hairline 23C / Encore Raster-Noton, encore les limites de la pression des ondes dans l'air. Senking articule ici une suite d'instantanés qui fixent des atomes aléatoires dans leur mouvement brownien ; en résulte aux tympans des chocs divers. On parlera de séismes, de chutes d'os, des cris de la turbine ou du métal qui se froisse dans un rythme que l'on impose. Tout ce qui se passe ici renvoie plus ou moins à la volonté de puissance.
Planetary Assault System - Rip the Cut / La synthèse sonore comme abolition des transitoires. Luke Slater se pose ici en prophète de la fonte ; chaque élément, s'il est pris exclusivement, devient la raison d'une lacune. Dit autrement, l'articulation est diabolique, car elle s'atrophie si simplement elle se déleste d'un élément de bruit. Une techno synergique : le tout qui gronde sublime chaque élément de cette fragile structure.

Newworldaquarium - Liberty Hot / Orgiaque, vraiment. Tous les critères de la house-music.
Flac, flac, flac, flac !
NO PROGRESS IN PLEASURE - Part One.














